L'attente du rendez-vous se passe dans l'impatience mais aussi l'appréhension. J'ai peur qu'on m'oblige carrément à arrêter de vomir et de me priver. J'ai aussi peur de faire un pas vers la guérison. Ce que je dois préciser c'est que lorsqu'on est atteint de TCA, on a l'impression que c'est notre identité, que sans cette maladie on n'est plus rien, alors c'est dur de s'en défaire!
Le week-end avant la consultation est exécrable. Je ne fais rien, je reste assise devant mon ordinateur, mon moral est au plus bas, je me demande ce que me réserve encore la vie... le désespoir est vraiment présent, et c'est très dur à vivre.
Le jour J arrive finalement. Je pèse 53,5kg. Mon IMC est déjà un tout petit peu trop bas, mais pour moi ce poids me semble beaucoup trop, je me parais à moi-même envahissante. On me dit que mon but va être de stabiliser.
Là-bas, je n'ai pas eu l'impression d'être traitée comme une gamine qui fait un caprice, mais vraiment comme quelqu'un de malade, et ça fait du bien, parce que les TCA ont tendance à nous isoler, on se replie sur nous-même et on a plus envie de rien. Et puis pour ceux qui n'en souffrent pas, c'est très difficile à comprendre.
Aujourd'hui ça fait un mois que je suis suivie dans ce centre médical. "Malheureusement" (je devrais pas dire ça mais j'aime toujours autant perdre du poids) j'en suis à 49kg et mon IMC est de 16,8 environ.
Ce n'est pas facile parce que je sais que je suis trop maigre, et pourtant... et pourtant je ne me VOIS pas maigre. Quand je regarde mes photos d'avant je me trouve limite vraiment en surpoids et maintenant je me trouve normale, limite 2 kilos en trop!
Désolée si cet article était long, mais je me devais de remonter l'histoire jusqu'à aujourd'hui.
Les prochains articles parleront donc de ma lutte quotidienne.


